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revolunionpresentation @mariejuliegascon

(Crédit: Marie-Julie Gascon)

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Révolunion: épisode 6

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Révolunion est une fiction. A moins qu’il s’agisse d’un récit d’anticipation.
Il va nous faire vivre de l’intérieur l’histoire d’une jeunesse réunionnaise prête à prendre son destin en main. Un évènement déclencheur va lui offrir cette opportunité et lui permettre d’inventer et de construire la société dont elle rêve.
Quatre voix nous racontent cette fabuleuse aventure. Quatre voix qu’un secret partagé lie à la mort, à la vie.

Épisode 6

– J’ai reçu un message de la base militaire d’ Evreux

– Message officiel ?

– Ne me demandez pas quelle est ma source ni comment l’information m’est parvenue… Voilà…Cinq cargos militaires ont décollé il y a trois heures… Direction La Réunion. J’ai aussitôt averti la commission « Défense » de l’île. 

Un brouhaha s’est fait aussitôt entendre suivi de quelques cris de colère et de désespoir. Eric Dijoux en a profité pour reprendre la parole :

– Parce que nos grands stratèges révolutionnaires ne l’avaient pas prévu ? Ils pensaient que la France allait tranquillement se laisser amputer sans réagir et que… 

Reine l’a coupé aussitôt :

–  J’ai du mal à suivre votre raisonnement, monsieur Dijoux. J’avais cru comprendre que vous ne vouliez pas rejoindre notre nouvelle république par conviction et vous êtes en train de sous-entendre que c’est la peur du retour de bâton qui vous a guidé ?  Décidément notre histoire a le hoquet !

– Qu’est-ce qu’on fait maintenant ? 

Spontanément, la question a fusé de plusieurs endroits de la salle

–  Avant tout, et c’est ce qui sera demandé dans chaque assemblée, nous devons tous réagir avec calme et sang-froid à la place qui est la nôtre et je m’adresse aussi bien aux parents qu’à tous ceux qui, dans leur travail ou leurs loisirs, doivent aider à tranquilliser l’opinion. C’est notre première attaque frontale ; il y en aura d’autres. Ceci étant posé, nous attendons d’une minute à l’autre l’intervention de notre général de brigade, Edmée Barret.

Je rappelle à tous les amis présents ici qu’Edmée était encore récemment général de brigade aérienne en France et qu’après avoir pris sa retraite il a accepté de reprendre du service à La Réunion en remplacement de son prédécesseur resté fidèle à l’état français. On vous écoute, mon général…

–  Bonjour à tous ! Vous savez maintenant que cinq cargos militaires sont en approche aérienne de notre aéroport. Au moment où je vous parle, ils sont à environ six heures de vol de nos côtes.

– Que transportent-ils ? Des hommes… Des munitions ?

-… Et ils viennent pourquoi exactement ?

– S’il vous plaît, je comprends votre émotion et vos inquiétudes mais essayons déjà d’être organisés dans nos prises de parole. Je vais tâcher d’être synthétique et vous poserez vos questions ensuite.

C’est clairement un premier coup de semonce. Ils viennent pour nous dire que ça suffit et qu’il faut revenir dans le giron national. D’un point de vue militaire, je pense qu’ils envoient surtout des hommes afin de récupérer les bases terrestre, navale et aérienne. Ils savent parfaitement que nous avons mis en place une armée de volontaires et que nous n’avons pas eu le temps de les… de vous former, sans parler du problème du nombre…

– C’est vrai que pour le moment, nous sommes peu nombreux…  

Anita venait de réagir. Elle était l’une des seules femmes à s’être engagée volontaire et c’était l’occasion pour elle de faire un appel :

– Les femmes doivent s’engager. Ce que nous vivons aujourd’hui vient nous prouver que nous devons aussi participer à la défense de notre pays. Nous sommes une population de moins d’un million d’hommes et de femmes.  Nous n’avons pas le choix… Et puis si ça, c’est pas de l’égalité réelle !

– Vous avez raison… Je reprends. Ils vont atterrir, se déployer dans toutes les bases, voire les points stratégiques, radios, télévisions, et sans doute aussi les bâtiments politiques symboliques : la pyramide inversée, le siège de l’ancienne assemblée régionale, et quelques autres. Ce sera la première étape.  La seconde n’est pas difficile à imaginer… Je dis seconde parce qu’il n’y en aura pas de troisième….

– Qu’est-ce qu’on peut faire ?

– J’ai bien une idée, mais, il faut une adhésion unanime ou pas du tout…

– On y va, tous !!!!

– Je vois, Reine, que vous m’avez compris. Il faut les empêcher de quitter l’aéroport. S’ils arrivent à rejoindre les unités, c’est fichu. Il faut que toute la population ou en tout cas tous les valides encerclent l’aéroport et les empêchent de s’en éloigner.

– Et après ? Imaginons que nous arrivions à les encercler, il faut encore pouvoir les désarmer ! Et si nous franchissons encore cette étape… Qu’est-ce qu’on en fait ? 

Eric Dijoux venait de rebondir sur la proposition du général.

–  Nous les mettrons sous bonne garde dans les casernes de l’île.

– Des otages, encore ? 

Fred, mon super pote, a semblé se réveiller après un long moment d’abattement. Il a poursuivi :

–  Et si nous y arrivons et que l’opération se renouvelle, nous allons accumuler les otages ?…  Sans compter que ceux-là ne seront pas venus avec des idées bienveillantes…

– Ils sont juste aux ordres !

– D’accord Anita, mais si en plus d’avoir besoin de gens pour les garder, il faut aussi créer des cellules de « désembrigadement », on n’a pas fini !… C’est pas le moment de disperser nos forces !

– Je suis d’accord avec Fred. 

Le jeune gars qui venait de s’exprimer était Alex.

Il est journaliste à l’Essor, l’un des deux quotidiens de l’île.

C’est lui qui est à l’origine de la création d’une chaîne de vigilance chargée d’éplucher toutes les informations concernant l’île. Depuis le début, il se charge de les diffuser avec une équipe de volontaires aussi bien sur internet que lors de flash infos-débats, chaque jour à 18 heures dans les quartiers. Les cernes bleues autour de ses yeux attestaient des nuits blanches accumulées.

A ce moment là et tout d’un coup, j’ai eu un flash, comme une évidence. Et j’ai levé poliment la main avant de parler :


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