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Photo Yann Huet

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Un jeu vidéo pour sauver les pétrels

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Scène inhabituelle au collège du Dimitile (l’Entre-Deux), ce lundi 6 mars. au lieu de faire des maths ou du français, des marmays de la 6ème c jouent sur des écrans. mais que font les profs ?

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En fait, ils testent un jeu vidéo, qui a comme objectif de préserver nos deux espèces de pétrels sous la forme d’une appli smartphone pour les collégiens et les lycéens. Elle met en scène «Jack Barau», un pétrel de Barau Pirate qui veut sauver les bébés pétrels des chats, des rats, et des lumières jaunes, pour pouvoir amener les bébés pétrels à bon port.

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Motivés et critiques, les testeurs passent au crible tous les aspects du jeu : mise en scène, qualité du graphisme, clarté des consignes, difficulté, éventuels bugs, plaisir à jouer… « J’aime, mais on pourrait y mettre plus d’animations », suggère Davina. De son côté, Alexia se félicite que « les petits sont mignons, le jeu peut aussi être joué par des plus jeunes ».
Yann a adoré : « C’était super ! » De son côté, Norah attend « les nouveaux niveaux et décors ! » Un camarade suggère aussi qu’« il serait bien qu’il y ait des chats, plusieurs niveaux ». En effet, c’est la version bêta qui a été testée, pour pouvoir l’améliorer et identifier les attentes des joueurs. Ouf, le LIFE avait déjà pensé à tout !

marmays 2 jack barau petrels dimitile QJ
Mais au fait, c’est quoi ce jeu qui a réussi à entrer officiellement au collège ? Il fait partie de « LIFE + Pétrels », un projet de conservation de deux espèces d’oiseaux marins endémiques de La Réunion : le pétrel de Barau (Taillevent) et le pétrel noir de Bourbon (Timize). Ces deux espèces d’oiseaux sont fragiles car elles n’existent que chez nous et sont en danger d’extinction. Le pétrel noir de Bourbon fait même partie de la triste liste des 15 espèces les plus en danger sur la planète !

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En effet, comme tu le sais, des centaines de pétrels chaque année sont par exemple attirés par les lumières, comme ils le sont naturellement par les étoiles. Ils s’échouent à terre, et doivent être aidés, parfois soignés puis relâchés… s’ils ont eu la chance d’échapper aux chats et rats présents dans les villes. En effet, les rats mangent les œufs et les poussins. Et les chats dévorent les poussins et adultes.
Alors il faut agir. Ce projet LIFE+, cofinancé à 50 % par l’Europe, se déroule de 2014 à 2020 et passe par la sensibilisation des jeunes. D’où le jeu ! Si tu veux toi aussi aider Jack à sauver les poussins, rends-toi sur Google Play ou App store et télécharge-le sur ton smartphone ou ta tablette ! Et participe aux Nuits sans lumière : ça commence aujourd’hui…

Éteins la lumière !
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Photo Patrick Georget

Pour la 9e année consécutive, l’opération « Nuits sans lumière » se déroule actuellement . Cette année, elle durera plus longtemps : 25 jours, du 12 avril au 6 mai. Tout le monde – profs, élèves, les gens chez eux, les communes, etc – peut et doit participer ! Mais au fait, pourquoi en avril ? Parce que c’est le moment où l’unique poussin des couples de pétrels vient au monde. Comme les petits quittent leur nid – depuis le Piton des Neiges ou le Grand Bénare – en s’orientant avec les reflets de la lune et des étoiles pour rejoindre l’océan, il ne faut pas qu’ils se trompent en chemin et échouent à cause de nos lumières à nous ! Depuis neuf ans, on a constaté qu’on en sauve presque la moitié (et chaque année, ce sont près de 400 oiseaux soignés et relâchés) juste en éteignant nos lampadaires, nos stades… et en plus on fait des économies d’énergie. Plus d’infos sur le site internet : www.nuitssanslumiere.re

Il faut faire vite

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On estime qu’il ne reste que 10 à 50 couples de Pétrels noirs de Bourbon ! Cet oiseau mythique garde tous ses mystères : jusqu’en novembre 2016, on ne savait pas où étaient situés ses terriers, cachés dans les ravines les plus inaccessibles, et on ne le voit jamais voler au-dessus de l’île car il est nocturne… Depuis 2015, on utilise d’ailleurs des jumelles thermiques pour les rechercher de nuit et ainsi avoir des indices sur l’endroit où il niche. Savais-tu que son cri aurait inspiré la légende de la Timize, qui par le passé, terrorisait les habitants de Grand-Bassin ? « Sort’ pa tro la nuit, la timize va souk a zot ! »

La « classe Pétrels », c’est quoi ?

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La « classe Pétrels » est subventionnée par le Parc national de La Réunion pour être l’ambassadrice de la protection des pétrels. Des interventions sont réalisées tout au long de l’année sur les thématiques de la biologie (cycle de vie), des menaces (chat, rat et pollution lumineuse), des méthodes d’études et de suivis des populations de pétrels ainsi que la recherche du pétrel noir de Bourbon. La classe Pétrels, ce sont aussi des artistes en herbe qui préparent une grande exposition sur le thème des pétrels à la fin de l’année.

22 espèces ont déjà disparu !
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Photo Emmanuel Grondin

La Réunion est une des rares îles tropicales au monde à héberger deux espèces de pétrels endémiques. Malheureusement, si rien n’est mis en place rapidement pour conserver ce patrimoine naturel, ces deux espèces risquent d’alourdir la triste liste des 13 espèces éteintes d’oiseaux sur l’île, comme par exemple le perroquet mascarin, l’oie de Kervaso, le hibou de Gruchet, le solitaire de Bourbon, le faucon de Dubois… Cette perte de biodiversité serait une catastrophe écologique locale, mais aussi mondiale. Une fois disparus, on ne pourra plus rien faire, à part se souvenir…


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